Biodiversité en Suisse et dans le monde : Pourquoi n’arrivons-nous pas à freiner l’érosion ?

6 mai 2015

 

Prof. Marc Hufty, Graduate Institute of International and Development Studies (IHEID), Genève

La diversité biologique s'est constituée en un problème environnemental global dans les années 1980. Comme objet, elle souffre d'un double problème de lecture, d'une part une relative « invisibilité » face au changement climatique, qui occupe l'essentiel de l'espace consacré à l'environnement global, d'autre part une relative "illisibilité", une certaine difficulté à être appréhendée aisément du fait de l'extrême ampleur des questions couvertes par l'expression de "biodiversité".

On peut avoir deux perspectives sur l'évolution de la biodiversité en Suisse et dans le monde, l'une pessimiste, qui part d'un examen de la situation des espèces et des milieux pour constater leur inexorable dégradation ainsi que notre incapacité globale à freiner cette tendance, et l'autre optimiste, oscillant entre le constat du progrès de certains indicateurs et l'espoir d'une auto-correction sur le long terme.

Les défis que présente la biodiversité pour la société suisse et la communauté internationale sont évidemment multiples, mais surtout ils lient entre eux des domaines vastes et variés, qui touchent à des aspects dont le contrôle échappe largement aux acteurs habituellement identifiés à la biodiversité, par exemple la sécurité alimentaire, le changement climatique, la déforestation ou la propriété intellectuelle. Ces défis s'inscrivent aussi dans deux tradition radicalement opposées, l'une fondée sur les besoins humains et l'autre sur un respect intrinsèque de la nature.

A l'image des autres problèmes globaux, après une longue période au cours de laquelle la gouvernance des enjeux de la biodiversité a été principalement confiée aux pouvoirs publics et aux organisations intergouvernementales, nous sommes passés à une gouvernance par les mécanismes du marché, deux exemples étant le mécanisme REDD associé à la réduction des émissions de gaz à effet de serre ou les "paiements pour services écosystémiques". Ces mécanismes ont un certain potentiel pour contribuer à freiner l'érosion de la biodiversité mais aussi des limites qui font qu'ils ne peuvent constituer l'unique forme de solution à l'ensemble des enjeux de la biodiversité.

Bibliographie

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