Une économie solidaire pour une transition écologique et sociale

Conférence du 6 avril 2016

Questions - réponses

 

Geneviève Azam, maître de conférences à l'Université de Toulouse, membre du conseil scientifique d'ATTAC

La catastrophe écologique en cours, manifestée notamment par le réchauffement climatique et la diminution rapide de la biodiversité, élargit la notion de solidarité. Cette dernière ne peut pas se limiter à une solidarité dans les relations entre les humains, elle inclut une solidarité dans les relations avec les autres espèces vivantes et avec la Terre. En d’autres termes, l’économie ne peut être pensée comme une sphère indépendante des écosystèmes, comme elle ne peut être pensée comme une sphère autonome vis-à-vis des sociétés. En reprenant l’expression de Karl Polanyi, l’économie est encastrée dans des relations sociales et dans l’écosphère. C’est précisément son désencastrement, sa prétention à constituer une sphère autonome et autoréférentielle dont la croissance pourrait être infinie, qui est à l’origine de l’effondrement social et écologique en cours.

L’économie solidaire est un des outils pour assurer ce réencastrement et une transition vers des sociétés fondées sur la coopération entre les humains et avec la nature, au lieu de la concurrence et de la guerre, pour sortir de l’économisme dominant. Pour ce faire, elle ne peut être cantonnée à un rôle complémentaire ou substitut par rapport à l’État ou au marché, à une sorte de tiers secteur. Elle peut être un laboratoire vivant d’expérimentation démocratique pour une transition vers des sociétés post-croissance, post-carbone, redonnant un sens au travail et à l’engagement citoyen. De nombreuses initiatives, dans différents secteurs et à l’échelle du monde, rendent concrètes ces possibilités et construisent les voies pour d’autres mondes.

Bibliographie

  • Geneviève Azam, 2003, "Économie Sociale, Tiers Secteur, Économie Solidaire : quelles frontières ?", Revue du MAUSS semestrielle n° 21.
     
  • Geneviève Azam, 2009, "Economie solidaire et reterritorialisation de l’économie", Revue PAMPA, Revista internationale de Estudios territoriales, Santa Fe, Argentine.
     
  • Geneviève Azam, 2010, Le temps du monde fini. Vers l’après-capitalisme, Les Liens qui Libèrent.
     
  • Geneviève Azam, 2015, Osons rester humain, les impasses de la toute-puissance, Les liens qui Libèrent.
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